Pour une anthologie vivante

Sur ce blog, quelques textes de dizaines de poètes que j'apprécie (avec leur autorisation pour beaucoup des vivants). On peut y lire aussi quelques-uns de mes poèmes.

Mes 12 livres publiés

     romans

Les Enchaînés de Landouzan

Mort au silo

Les Muets de Trécorbier

L'Ombre des tableaux

    poèmes

Drôle de bestiaire du dictionnaire

Réjouissances d'hiver de A à Z

Sous un ciel sans paupière

Drôle de bestiaire de la mer

Puiser aux mondes

  livres d'artiste

La lune pour six écus

Même les amers sont fragiles

Rêves de pierre

(plus d'infos sur

http://oliviercousin.blogspot.com/)

Recommander


Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 10:09

 

As I walked out one evening 

 (un des quatrains de...)

 

 

I'll love you till the ocean

Is folded and hung up to dry

And the seven stars go squawking

Like geese about the sky.

 

                          *

 

Je t'aimerai jusqu'à ce que la mer

Repliée soit mise à sécher,

Et qu'au ciel les Pléiades tournent

Avec des clameurs d'oies sauvages.

 

 

      W.H. Auden  (1907-1973)

      Another Time, 1940

      traduit par Jean Lambert

      dans Poésies choisies (Gallimard, 1976)


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Poèmes des uns

Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 22:50

 

Tout ce qui va venir

Ne nous dit pas qu'il vient.

 

Tout ce qui va partir

Ne nous dit pas qu'il meurt.

 

Tout ce qui va rester

Crie son éternité.

 

 

     Eugène Guillevic (1907-1997)

     Possibles futurs, "L'Innocent"

     Gallimard, 1996


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Poèmes des uns

Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 22:42

                        

Et le jour devenait tout bleu

comme dans les fables

 

seul un enfant pouvait marcher

sur l'ombre du soleil

 

les mots pour chaque chose

étaient pareils

 

mais ils avaient sur la langue

un goût de miel et de feuilles d'arbre

 

on s'endormait,

on avait presque tout fini de son travail

 

on se réveillerait

peut-être.

 

  

   Claude Esteban (1935-2006)

   Morceaux de ciel, presque rien 

   Gallimard, 2001


Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Publié dans : Poèmes des uns

Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 13:45

                                 Maison isolée

 

                                           A Günter Eich.

 

Quand je m'éveille

silence dans la maison

bruits d'oiseaux seuls

par la fenêtre

personne en vue.

 

Aucune route ne passe ici

dans le ciel aucun fil

aucun fil sous terre

tout ce qui vit

repose sous la hache.

 

Je fais chauffer de l'eau

coupe des tranches de pain

avec inquiétude tourne

le bouton rouge

du petit transistor.

 

"crise cubaine... lave blanc

plus blanc que le blanc...

prêt à répondre à l'agression... troisième degré...

that's the way I love you...

forte hausse sur les valeurs métallurgiques..."

 

Je ne prends pas la hache

ne fracasse pas le poste.

La voix de terreur m'apaise

qui me dit :

nous sommes encore en vie.

 

Silence dans la maison.

Comment fait-on pour tendre des pièges

et tailler une hache de silex

quand l'ultime lame

est mangée par la rouille ? 

 

 

     Hans Magnus Enzensberger (né en 1929)

     Ecriture braille / Blindenschrift, 1964

      (traduit par Roger Pillaudin, Gallimard, 1966)

 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Poèmes des uns
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés