Le grand passage
A Brenot
Le seuil de l'immortalité
Est assez haut, en pierre, avec des plantes
On ne s'apercevait pas du tout qu'on le passait
Mais de l'autre côté
Des tripotées
D'oiseaux sans ailes ni sans eaux
Poussaient des cris d'échiran...
11
avril 1946
Boris Vian (1920-1959)
Cantilènes en gelée, 1949
Par Olivier Cousin
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Etang
Maintenant que ce monde est enfin si émouvant
le même pourtant que quand je le connaissais
maintenant que je ne le connais plus
le bonheur était un jour près de cet étang
sur la pelouse avec des arbres
et leurs halos jusque dans le ciel
ici j'étais l'enfant de dieu et
de mon grand-père - les deux moururent
bonheur est danger
l'eau s'est couchée à la tombée du soir
si lisse que ciel arbres et pelouse
se reproduisent sous terre
peur et nostalgie toutes deux demandent
que je revienne dans cette photo
tout attend, rien ne m'attend.
Rutger Kopland (né en 1934)
Souvenirs de l'inconnu, Gallimard, 1998
traduction du néerlandais par Paul Gellings
Par Olivier Cousin
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We follow rich impulses to the end
And are at length ahigh the summit of May,
The moment when odours and desires blend,
Leading disarmed nostalgic minds astray.
Along the sunny streets I walk ; noises play
Never quite a melody. If I could mend
I think I should make them whole, or sometimes send
To these an hour when there be naught to say.
The first heats end the commonness that lurks,
Over-exuberance, about the spring.
Loud colours dwindle to a murmuring,
Earth is less pompous of her handiworks ;
The whole world well-bred of a summer night,
Except the heart, stupidly, commonly trite.
Raoul Nicole (?)
Sonnets pour une folle
(T. Werner Laurie Ltd, 1924)
Par Olivier Cousin
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Brest, mai 2009 (photos Hervé Eléouet)
Par Olivier Cousin
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