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Présentation

  • : Le blog d'Olivier Cousin
  • : POUR UNE ANTHOLOGIE VIVANTE. La poésie ne prend tout son sens que partagée. En proposant dans ce blog des poèmes que j'aime, je joue au passeur de poésie. Quelques-uns des miens s'affichent aussi...

Mes livres publiés

     romans
L'Ombre des tableaux
Les Muets de Trécorbier
Mort au silo

     poèmes
Puiser aux mondes
Drôle de bestiaire de la mer
Rêves de pierre
(plus d'infos sur mon site)

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Mercredi 9 avril 2008


Toi soleil coureur essoufflé
couché bouche à bouche sur les eaux

sur la mer ouverte à tous vents
la barque de nos mains dérive

or fumé, brûlé des visages
dans la pénombre des années
gardant au-dedans ses lueurs -

musique
nos doigts raclent
des cordes invisibles
dans la lumière dissoute
chaude étoffe arrachée
à l'hiver -


      
Lorand Gaspar
      Patmos et autres poèmes
      (Gallimard, 2001)

par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns communauté : Poésie contemporaine
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Lundi 7 avril 2008


                     La sécurité

Les craquements des meubles ne pouvant
suffire à l'occuper le long du temps
(car depuis toujours il attend
ce qui ne doit jamais paraître)
il s'assit près de la fenêtre
comme un homme qui veut méditer
et, sans objet, commença de compter.

Mais en entrant dans le nombre un million
huit cent soixante-quatre mille,
il s'arrêta et, poussant un soupir profond,
contempla les toits de la ville.


    Jean Tardieu (1903-1995)
    Accents, 1939  

par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns communauté : Gros plan sur la poésie
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Jeudi 3 avril 2008


               Rondeau

Je ne sçay comment je dure,
Car mon dolent cuer font d'yre
Et plaindre n'oze, ne dire
Ma doleureuse aventure,

Ma dolente vie obscure.
Riens, fors la mort ne desire ;
Je ne sçay comment je dure.

Et me fault, par couverture,
Chanter que mon cuer soupire
Et faire semblant de rire ;
Mais Dieux sçait ce que j'endure.
Je ne sçay comment je dure.


    Christine de Pisan (1364-1430)
    Oeuvres (tome I, rondeau VII)


par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns communauté : Amies de la Poésies
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Lundi 31 mars 2008

                 Prière pour être sage

Ah ! ne me soyez plus, orgueil, d'aucun secours.
Cet hiver épuisant me laisse trop sincère
et j'ordonne avant tout une force sévère
à mon coeur fatigué d'inutiles détours.

Il ne me reste plus qu'un misérable amour
et le secret de l'Ange égaré sur la terre ;
mais écoute ! Je sais une route légère,
j'imite Dieu avec ce rire de velours...

Que ferais-je à présent de votre lourde vie ?
Montrez-moi le chemin des vagues endormies,
laissez-moi découvrir un rivage inconnu ;

et que m'agenouillant sur ces plages parfaites
par le bruit d'un poème et des eaux satisfaites
la grâce de la mer augmente ma vertu.


   Odilon-Jean Périer (1901-1928)
   Le Promeneur (choix de poèmes)
   (éd. La Différence, 1989)


par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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