Pour une anthologie vivante

Sur ce blog, quelques textes de dizaines de poètes que j'apprécie (avec leur autorisation pour beaucoup des vivants). On peut y lire aussi quelques-uns de mes poèmes.

Mes 12 livres publiés

     romans

Les Enchaînés de Landouzan

Mort au silo

Les Muets de Trécorbier

L'Ombre des tableaux

    poèmes

Drôle de bestiaire du dictionnaire

Réjouissances d'hiver de A à Z

Sous un ciel sans paupière

Drôle de bestiaire de la mer

Puiser aux mondes

  livres d'artiste

La lune pour six écus

Même les amers sont fragiles

Rêves de pierre

(plus d'infos sur

http://oliviercousin.blogspot.com/)

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Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /Déc /2010 16:52

            Comment

 

L'indomptable énergie du poème

ressemble à s'y méprendre

à une allumette de guimauve verte

qu'un peintre au chômage

tenterait vainement de rayer

dans le sens de la longueur.

 

 

   Jean-Pierre Lesieur (né en 1935)

   L'Animal poétique et ses munitions

   (éd. Gros Textes, 2008)

 


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Vendredi 24 décembre 2010 5 24 /12 /Déc /2010 10:57

 

J'écoute les bois morts

à l'oiseau je suis attentif

qui sortirait de sous l'écorce

 

ou cheval

la gueule amère

bravant la lune

 

bois mort moins

qu'on ne croit monstre

parfois

 

ou le simple sourire

laissé

par le regret des feuilles.

 

 

     Patrick Argenté (né en 1945)

     Ernestine ou Julie suivi de Dix-sept attentions

    éd. Manoirante (2010)

 


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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 10:18

     Le jeu de construction

 

L'homme s'enfuit, le cheval tombe,

La porte ne peut pas s'ouvrir,

L'oiseau se tait, creusez sa tombe,

Le silence le fait mourir.

 

Un papillon sur une branche

Attend patiemment l'hiver,

Son coeur est lourd, la branche penche,

La branche se plie comme un ver.

 

Pourquoi pleurer la fleur séchée

Et pourquoi pleurer les lilas ?

Pourquoi pleurer la rose d'ambre ?

 

Pourquoi pleurer la pensée tendre ?

Pourquoi chercher la fleur cachée

        Si l'on n'a pas de récompense ?

 

                - Mais pour ça, ça et ça.

 

 

     Paul Eluard (1895-1952)

     Mourir de ne pas mourir, 1924

 


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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 12:00

nos lieux nos dits non

lieux non dits ne font pas

collection        poème planète       ils

nous débordent ils rentrent

une fuite dans une fuite

leur pluriel

nous vide mêlés

le monde et

nous indiscernables

 

   

   Henri Meschonnic (1932-2009)

   Légendaire chaque jour
   (Gallimard, 1979)
 

 


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