Mardi 11 septembre 2007
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Air
Mail
A la recherche d'une boîte aux lettres
je portais l'enveloppe par la ville.
Ce papillon égaré voletait
dans l'immense forêt de pierre et de béton.
Le tapis volant du timbre-poste
les lettres titubantes de l'adresse
tout comme ma vérité cachetée
planaient à présent au-dessus de l'océan.
L'Atlantique argenté et reptile.
Les barrières de nuages. Le bateau de pêcheurs
tel un noyau d'olive qu'on recrache.
Et la cicatrice blafarde du sillage.
Le travail avance lentement ici-bas.
Je lorgne souvent du côté de l'horloge.
Dans le silence cupide
les ombres des arbres sont des chiffres obscurs.
La vérité repose par terrre
mais personne n'ose la prendre.
La vérité est dans la rue.
Et personne ne la fait sienne.
Tomas Tranströmer, Pour les vivants et les morts
in Baltiques, Oeuvres complètes 1954-2004
traduit du suédois par Jacques Outin (Le Castor Astral, 2004)
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Publié dans : Poèmes des uns
Lundi 10 septembre 2007
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Fagoté plaisamment comme un vrai Simonnet,
Pied chaussé, l'autre nu, main au nez, l'autre en poche,
J'arpente un vieux grenier, portant sur ma caboche
Un coffin de Hollande en guise de bonnet.
Là, faisant quelquefois le saut du sansonnet,
Et dandinant du cul comme un sonneur de cloche,
Je m'égueule de rire, écrivant d'une broche,
En mots de patelin, ce grotesque sonnet.
Mes esprits à cheval sur des coquecigrues,
Ainsi que papillons s'envolent dans les nues,
Y cherchant quelque fin qu'on ne puisse trouver.
Nargue : c'est trop rêver, c'est trop ronger ses ongles ;
Si quelqu'un sait la rime, il peut bien l'achever.
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Saint-Amant (1594-1661), Raillerie à part
in Les Oeuvres (1629)
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Publié dans : Poèmes des uns
Dimanche 9 septembre 2007
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Au train où vont les choses
Un poisson sur la branche
Deux chiens dans la gouttière
Trois filles à mes pieds
Le monde va son train
tout est bien ici-bas
Une idée sur la hanche
Deux fruits mûrs en hiver
Trois bijoux sur le nez
Le monde va son train
c'est parfait comme ça
Un gilet à trois manches
Deux vergers sous la mer
Trois paillassons sous clé
Le monde suit son train
Terminus plus très loin...
O.C. dans 77 poèmes et des poussières
Dimanche 9 septembre 2007
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Ne rien posséder que l'errance,
ses parcours obsolètes,
ses bagages allégés,
ne rien detenir que les adresses
approximatives des auberges du vent,
des motels de la pluie,
ne subir d'autre destin
que le halage des fleuves,
transmettre les atolls aléatoires
des amitiés apatrides,
des amours au sein des cités grotesques.
Gérard Le Gouic, La belle lumière (Telen Arvor, 2006)
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