Pour une anthologie vivante

Sur ce blog, quelques textes de dizaines de poètes que j'apprécie (avec leur autorisation pour beaucoup des vivants). On peut y lire aussi quelques-uns de mes poèmes.

Mes 12 livres publiés

     romans

Les Enchaînés de Landouzan

Mort au silo

Les Muets de Trécorbier

L'Ombre des tableaux

    poèmes

Drôle de bestiaire du dictionnaire

Réjouissances d'hiver de A à Z

Sous un ciel sans paupière

Drôle de bestiaire de la mer

Puiser aux mondes

  livres d'artiste

La lune pour six écus

Même les amers sont fragiles

Rêves de pierre

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http://oliviercousin.blogspot.com/)

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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 20:00

     Aux imbéciles

  Quand nous irisons
  Tous nos horizons
D'émeraudes et de cuivre,
  Les gens bien assis
  Exempts de soucis
Ne doivent pas nous poursuivre.

  On devient très fin,
  Mais on meurt de faim,
A jouer de la guitare,
  On n'est emporté,
  L'hiver ni l'été,
Dans le train d'aucune gare.

  Le chemin de fer
  Est vraiment trop cher.
Le steamer fendeur de l'onde
  Est plus cher encor ;
  Il faut beaucoup d'or
Pour aller au bout du monde.

  Donc, gens bien assis,
  Exempts de soucis,
Méfiez-vous du poète,
  Qui peut, ayant faim,
  Vous mettre, à la fin,
Quelques balles dans la tête.


     Charles Cros (1842-1888)
     Le Collier de griffes (1908)


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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /Déc /2009 18:06

        Rondel à ma pipe

Les pieds sur les chenets de fer
Devant un bock, ma bonne pipe,
Selon notre amical principe
Rêvons à deux, ce soir d'hiver.

Puisque le ciel me prend en grippe
(N'ai-je pourtant assez souffert ?)
Les pieds sur les chenets de fer
Devant un bock, rêvons, ma pipe.

Preste, la mort que j'anticipe
Va me tirer de cet enfer
Pour celui du vieux Lucifer ;
Soit ! nous fumerons chez ce type,

Les pieds sur les chenets de fer.


    Emile Nelligan (1879-1941)
    Des jours anciens
   (Orphée/La Diffférence,1989)


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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 11:53


Le tranchant porte la saison
afin que ne meure
la neige, et me chasse,
sous la noire couronne
de ma force à braver.


   Marc Guyon, Volis agonal
   (Gallimard, 1972)


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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 14:33

       Noch immer

                           Für E.

Noch immer ist's
der horizont der jugendlichen hüfte

Noch immer ist
das zarteste
das zarteste

Des spiegels unerbittlichkeit
vermag uns nicht zu täuschen

Wir wissen mehr
als er


    Reiner Kunze (né en 1933)
    Lindennacht, 2007 (S. Fischer Verlag)



        Aujourd'hui encore

                                 Pour E.

Aujourd'hui encore
l'horizon de ta hanche juvénile

Aujourd'hui encore
l'extrême délicatesse
est extrême délicatesse

L'impitoyable du miroir
ne parvient pas à nous tromper

Nous en savons plus
que lui


    Reiner Kunze, Nuit des tilleuls
   traduction de Gwenn Darras
   éditions Calligrammes, 2009


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