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Présentation

  • : Le blog d'Olivier Cousin
  • : POUR UNE ANTHOLOGIE VIVANTE. La poésie ne prend tout son sens que partagée. En proposant dans ce blog des poèmes que j'aime, je joue au passeur de poésie. Quelques-uns des miens s'affichent aussi...
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  • : 06/09/2007
Dimanche 30 septembre 2007


9 heures en septembre
lune dans le ciel encore
lapsus de l'aube


                             O.C.
par Olivier Cousin publié dans : Poèmes de l'autre (les miens)
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Vendredi 28 septembre 2007

                     La poésie


Derrière midi qui sonne un mot
s'est envolé
qui s'en prend aux cheveux
des anges

Dans la bouche édentée de la vieille
au coin
passent les fils électriques
où les mots dansent

Ce sont des mots que l'on ramasse
derrière les pierres du sentier
le secret du Petit Poucet
et l'oreille de l'ogre

Des mots que l'on prend dans ses mains
des sortes d'oiseaux gelés
qui s'envoleront demain
en milieu de matinée.


   Patrick Argenté, Les jours lâchent leurs porcelaines  (La Part Commune, 2006)
par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns
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Mercredi 26 septembre 2007


Le poète prétend
que le platane est en réalité
un grand oiseau.
Le philosophe dit :
"Le platane a des lois
que l'homme ne saurait comprendre."
Le prêtre dit :
"Un dieu habite le platane."
Et le platane, tous les ans, grandit, grandit,
sur les cadavres du poète,
du philosophe et du prédicateur.



   Alain Bosquet, "Poèmes sans chauffeur"
   in Bourreaux et acrobates (Gallimard, 1989)
par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns
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Dimanche 23 septembre 2007

            retouche à l'automne


le soleil en liège ferme mal
le bocal du ciel
où la lumière se décompose


dans leurs plus beaux atours
les couleurs venues de tous les coins de la famille
attendent la mise en terre


près des arbres pleins d'expérience
et nus



   Daniel Boulanger, Sous-main (Gallimard, 1995)

par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns
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Samedi 22 septembre 2007


Au temps qui court, flagorneux, bavereaulx
Adulateurs, raporteurs, macquereaulx
Vers les seigneurs sont les tresbien venuz,
Posé qu'ilz soient de toute bonté nudz
Et plus infectz que ladres et mezeaulx.

Jeunes coquars, marjollez, cuydereaulx,
Jangleurs, joncheurs, detracteurs, flatereaulx
Sont eslevez et bien entretenuz,
               Au temps qui court.

Moqueurs, dresseurs, abuseurs, trompereaulx,
Diffamateurs, avenceurs, ventereaulx,
Ont vent à gré, tant les gros que menuz ;
Mais ceulx qui sont vertueulx bien congnuz,
Moins estimez seront que vielz houzeaulx,
                Au temps qui court.


   Roger de Collerye (1470-1536), Rondeaux, 1536


par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns
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Vendredi 21 septembre 2007
La poésie est un langage qui laisse entendre ce que les mots ne disent pas.

  Jean Mambrino


par Olivier Cousin publié dans : Autres propos
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Jeudi 20 septembre 2007
               
         Gedachten van een ballon


Sinds jaren al drijf ik hierboven in het rond.
Ik hou van ruimte, het allerliefst heel hoog,
en spiegel mij zo graag ook in een kinderoog
dat vrolijk naar mij opkijkt van de grond.

Soms genees ik wie opeens de hoogte vreest,
dan speel ik weer gastheer op een zomerfeest.
Nu vertel ik over mijn ballonnenleven,
alsof ik alles zelf heb opgeschreven.

Drijven, drijven in een lucht die op de stad uitziet,
zweven over daken en een klokkentoren.
Of er leven in de hemel is - ik weet het niet,
maar binnenkort laat ik weer van mij horen.


                                             Paul Gellings             

Poème écrit à l'occasion de "La Fiesta des Ballons"
qui se tient chaque été à Zwolle. En voici la traduction 
par le poète lui-même :

                 
            Pensées d'un ballon


Je flotte ici depuis de longues années.
J'adore les hauteurs, voilà mon sentiment,
et j'aime me mirer dans les yeux d'enfants
qui, depuis la terre, veulent bien me regarder.

Je soigne le vertige de celui qui en a trop souffert.
Ou bien j'anime une fête estivale comme celle-ci.
Maintenant je raconte mes expériences dans l'air,
comme si j'avais tout noté moi-même ici.

Flotter, toujours flotter et admirer la ville,
planer par-dessus des toits et un clocher fragile.
Je ne sais pas si la vie existe dans le ciel,
mais je redonnerai bientôt de mes nouvelles.

                                           
par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns
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Mercredi 19 septembre 2007
           Orage sur la lessive


L'équipe du coin fait laver
ses maillots en famille et les accroche au ciel
En bordure du champ le cordage oscille
La bise de février assèche les bleus

Vient la mi-temps et ça tourne à l'orage
Les nuages ajoutent leur grain de sel à la lessive
Grêlons en offensive dans l'échancrure
L'équipe toujours bien en ligne
prend l'eau sur le flanc gauche
La bise en a le souffle coupé
Lessivés les maillots perdent
de leur entregent

L'arc-en-ciel sort des cartons
et marque des points
Champions sur le fil

Sponsorisés par le ciel
les maillots tiendront mieux leur place dans l'arène
un temps prochain


   O.C. dans Cent voyages au court cours
   publié dans la revue Les Muses à tremplin, n°3, juin 2007

par Olivier Cousin publié dans : Poèmes de l'autre (les miens)
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Dimanche 16 septembre 2007
             Parler seul


Il arrive que pour soi
l'on prononce quelques mots
seul sur cette étrange terre
alors la fleurette blanche
le caillou semblable à tous ceux du passé
la brindille de chaume
se trouvent réunis
au pied de la barrière
que l'on ouvre avec lenteur
pour rentrer dans la maison d'argile
tandis que chaises, tables et armoire
s'embrasent d'un soleil de gloire.


   Jean Follain (1903-1971)
   Exister (Gallimard, 1947)


par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns
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Vendredi 14 septembre 2007

              Les mots, c'est rien


Les lampions marchent devant
La forêt vient derrière
Avec l'oiseau nidifiant
Au centre nul des mystères.

Mystères dont je trouve l'essence
Dans la résine qui a coulé
Qui dit larme chaude dit belle sentence
Elle se ternit dans le godet.

Si les pins nobles gardent leurs entrailles,
Si les coups meurent dans le lointain,
On sait imiter vaille que vaille
On sait imiter nos peines.

Celles qui saignent longuement
Avec des mots qui sont clairs
Les mots c'est rien ça marche devant,
Une forêt vient derrière.


   Armen Lubin (1903-1974)
   Sainte patience (Gallimard, 1951)


par Olivier Cousin publié dans : Poèmes des uns
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